La Hi-Fi full numérique

November 2, 2015

 

 

En Septembre dernier, j'ai eu une demande assez rare pour une optimisation d'écoute hi-fi dans une pièce à vivre très difficile (totalement ouverte, enceintes d'un côté, séjour de l'autre, aquarium en fond et immense puits de lumière avec un filet suspendu au dessus du canapé), demande d'autant plus rare qu'il s'agissait de créer une chaîne numérique afin d'associer un des nouveaux amplis full digital à un caisson dans un système 2.1 correctement réglé.

 

Et ce n'est pas chose aisée!

 

Ce pour plusieurs raisons:

_ l'association d'un caisson avec un système d'enceintes 2 voies nécessite une gestion précise des fréquences de coupure et du délai (gestion de la phase)

_ une chaîne entièrement numérique nécessite un pré-ampli numérique, et on s'est rendu compte que c'est très rare!

 

La volonté de tester correctement un ampli full-digital (PWM) se justifie par la presse élogieuse qui fleurit de-ci de-là à propos de ces amplis miniatures capables d'une neutralité et d'une précision extraordinaire, mais de faible puissance, d'où le souhait de mon client de le décharger du grave par l'adjonction d'un caisson. (full-digital signifie que le flux numérique est transformé directement en puissance sans devoir repasser en analogique entre les deux, il fonctionne sans AOP, donc sans les problèmes engendrés par ceux-ci, coloration du son etc.)

 

En l'occurence il s'agissait d'un petit FXaudio D802.

 

J'avais une idée précise de la façon de régler tout ça, mais pour la chaîne numérique il a fallu fouiller le net à la recherche d'une solution pas trop onéreuse pour le préampli qui allait devoir gérer le volume et la séparation des canaux vers les 2 DSP. Exit donc les trinnov qui de toute façon ne m'ont jamais séduit lors des démos, ni non plus par leur méthode toute automatique. Un lyngdorf nous a aussi intéressé, mais l'incertitude de pouvoir gérer correctement le bass management nous y a fait renoncer. La solution PC aurait peut-être été la plus judicieuse, mais le budget aurait explosé. Au final, une occasion d'un matériel très rare voire inconnu en Europe a mis un terme à nos recherches, un Zsystem Q6. Issu d'une société californienne qui développe diverses solutions dans le numérique, cet appareil assez ancien permet une gestion de 3 entrées numériques Spdif ou AES stéréo ainsi que 3 sorties du même type, et ainsi pouvoir gérer soit un ensemble 5.1 en sortie d'une source numérique soit en sortie tri-amplification d'une entrée stéréo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À partir de là, il ne restait plus qu'à utiliser deux DSP, l'un tout numérique pour la gestion des satellites (qui sont des enceintes Merlin ...) et l'autre numérique-analogique pour la gestion du caisson.

Après pas mal de difficultés pour configurer le ZQ6, je réalise la mise en phase du caisson ainsi que l'égalisation de la réponse en fréquence des enceintes (ayant remarqué une courbe un peu torturée dans l'aigu). Ensuite, la recherche de room modes révèle que la position d'écoute est exempte de problème, grâce notamment à l'ouverture importante au dessus du canapé, un puit de plus de 5m de hauteur. Pour finir, je définis une courbe cible qui devra être vérifiée à l'écoute pendant un certain temps avant d'éventuellement la modifier.

 

C'est toute la difficulté d'une écoute hi-fi, outre le réglage purement conséquent aux mesures réelles, une part de subjectif, de psycho-acoustique et de correction physiologique (adaptation à l'oreille humaine) est nécessaire. Il est quasi impossible à mon avis de régler un système hi-fi du premier coup. Pour cet essai, malgré l'acoustique très difficile du lieu, je note une très bonne focalisation, une scène sonore aérée et précise, une basse présente et propre, un aigu très détaillé (totalement ravivé par l'égalisation) ainsi que des voix chaleureuses. Plus que pas mal pour un ampli à 105$ !

 

Pourront sans doute être améliorés la précision du grave et sa transparence par rapport au reste du spectre ainsi que la tenue en puissance générale, et la neutralité des timbres mais uniquement par l'adjonction d'éléments de correction acoustique dans la salle (la dispersion du son dans un lieu non traité créé des incohérences dans le champ réverbérant qui perturbent le message principal notamment en timbre et bien sûr précision).

 

On dit que la sonorité d'un système est en fait à 70% due à la salle et 30% au matériel d'où l'importance de soigner en tout premier l'acoustique de son lieu d'écoute. A part cela, dans le cadre de ce système particulier, on pourra émettre quelques doutes à propos de la gestion numérique du volume. Il faudra y révenir dans un autre article.

 

Ci-dessous, les courbes avant/après égalisation ainsi qu'un aperçu des lieux.

 

Kaz

 

 

 

 

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