Focal Utopia Stella sur Système Goldmund Proteus

May 8, 2016

 

 

 

Je rédige rarement des comptes-rendus, mais il faut bien admettre que ce n’est pas tous les jours que j’ai l’occasion de calibrer un système aussi haut de gamme et exceptionnel que celui-ci.

 

Les Focal Stella Utopia sont juste en dessous des enceintes les plus démesurées de la marque Focal, et parmi les plus chères toutes marques confondues. Comptez 85000€ TTC prix public pour une paire. Ici, qui plus est, elles sont filtrées en actif par un système Goldmund Proteus complet, amplis compris. Le Metis 16 est le cœur de l’installation, préampli Hi-Fi et Homecinéma (limité à une entrée Coaxiale en DTS) disposant de 16 canaux en sortie et de 2 modes d’écoute sélectionnés automatiquement suivant le signal de la source : stéréo ou 5.1.

Nulles fioritures donc ici : pas de modes DSP exubérants, pas d’Atmos ni même de son HD en homecinéma, tout est basé sur la qualité du traitement numérique et les possibilités de corrections des enceintes en premier, puis de la salle, grâce à différents processus de filtrage, d’égalisation et de correction de phase. Cette dernière est verrouillée par Goldmund car créée spécialement pour vos enceintes, tout le reste est accessible avec le logiciel pour professionnel et permet de faire un travail des plus précis.

Qu’on se comprenne bien : la différence entre les pré-amplis courants et Goldmund est en bonne partie due au travail de ces derniers à améliorer l’enceinte elle-même. Car plus les enceintes sont performantes et sophistiquées, plus apparaissent certains défauts, comme du retard sur le grave pour les systèmes 3 voies (et plus), des ruptures de phase, ou bien encore certaines fréquences qui sont laissées en avant des autres pour enjoliver et faire vendre le produit.

 

Et lorsqu’on commence à rétablir la linéarité et ramener les sons sur le même calage temporel, on se rend compte que les enceintes manquaient de justesse.

 

Sur les Stella actives, j’ai rencontré un autre problème, venu du choix des fréquences de coupure fait par Goldmund. Nous attendons encore une réponse de leur technicien à ce sujet. Il se trouve que les fréquences de 100 à 300Hz étaient redondantes sur le grave et les deux médiums : possible que les percussions s’en trouvaient améliorées avec plus d’énergie sur les caisses claires par exemple, mais les enregistrements LIVE et les voix étaient exagérés, avec une spatialisation sur-accentuée, un flou dans certains instruments (car la phase n’était pas bonne entre les boomers et les médiums), et même le timbre des voix était étrange. Sur l’écoute de Police en concert c’était flagrant : une fois la coupure du médium rectifiée par le PC pour obtenir une bonne mise en phase, la voix de Sting retrouvait sa tonalité naturelle et l’écoute du concert était beaucoup plus précise et agréable.

 

 

A gauche, mesure proche du boomer, à droite, mesure proche d'un des médiums (en appolito, les 2 médiums sont coupés à l'identique) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La calibration en elle-même à partir du PC comme source (à la fois Hi-Fi et HC via une carte son dédiée) a permis de retravailler la courbe de réponse de l’enceinte dans le haut du spectre, car le haut médium était un peu projeté, et le haut de l’aigu trop fort, avec une prédominance dans la zone 7 à 10kHz qui rendait l’écoute sur-analytique, un peu fatiguant voire stridente.

Peu de rectifications dans le grave, en tout cas rien qui serait dû aux enceintes, la salle provoquant une légère bosse à 70Hz, après différents prises de son autour du point d’écoute, je conserve la courbe descendante puisque mon client aime le grave très présent, mais on attendra la suite de Goldmund pour pouvoir encore améliorer la coupure boomer/médiums afin d’optimiser au maximum cette enceinte au potentiel incroyable.

 

Après égalisation et re-filtrage (après la venue du technicien), les écoutes étaient déjà totalement différentes. Certains disent que le tweeter béryllium est trop brillant : à mon avis c’est parce qu’ils ne l’ont pas réglé. En fait il délivre un aigu doux et soyeux, tout en conservant l’analytique extrêmement poussé et réaliste des instruments. Sur Hôtel California, je n’ai jamais entendu les guitares aussi réalistes : le côté métallique et rugueux de la corde que l’on gratte saute aux oreilles.

Les voix sont claires et naturelles. Un des plus beaux médiums que j’ai entendu.

Le grave ne m’a pas transcendé par contre, mais il dépend tellement de la salle qu’on ne peut pas juger une enceinte ainsi. De plus, une seconde écoute sera nécessaire lorsque la coupure grave/médium sera rectifiée.

 

En homecinema, l’écart est encore plus important par rapport aux autres systèmes que j’ai connus : ici la puissance est démesurée. C’est incroyable ! On dirait qu’on a des enceintes de 98dB de rendement ! Or non… Leur surface émissive conséquente (notamment la largeur de la façade) ainsi que leur tenue en puissance doit expliquer ce phénomène (ainsi que la vaste salle assez claire). Malgré cette débauche de puissance, la finesse reste de mise, ainsi que toutes les qualités qu’on leur accordait en hi-fi.

 

Voilà pour ce CR un peu atypique qui vous a montré les possibilités énormes de correction d’un système. D’ailleurs au passage je tiens à signaler qu’un PC utilisé comme source peut faire encore mieux en terme de réglages que le système Goldmund ! Mais évidemment, la qualité de l’écoute restera dépendante de la qualité du préampli, et là difficile de concurrencer ce style d’appareil ultra-haut de gamme, capable d’une dynamique exceptionnelle sans jamais rien sacrifier à la « musicalité », ce terme tant décrié par les professionnels de l’acoustique.

 

Kaz

 

 

 

 

 

 

 

 

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