Sony vw550es, test & calibration

November 17, 2017

Conditions :

Salle dédiée, écran de 2.70m de base, toile Cinescreen Référence 4K, source Oppo 203.

 

 

 

PREMIERE APPROCHE

 

Lors de mes recherches concernant ce projecteur, j’ai retenu un test sur le site AVforum, avec de bons relevés de mesures et une analyse intéressante. Une fois n’est pas coutume, je vais confronter mes résultats avec les leurs et voir si nous arrivons aux mêmes conclusions.

En guide de présentation rapide pour ceux qui débuteraient en projection, Sony est une des 3 marques phares en termes de vidéoprojecteurs destinés au grand public, donc au homecinema. Caractérisés par ses matrices SXRD propriétaires, leurs projecteurs sont généralement connus pour délivrer une image douce, fine et relativement contrastée, avec des couleurs justes. Le Sony vw550es est dans le haut de gamme des projecteurs avec un prix public de 10000€. Il parait donc incongru, ou presque, de rechercher les défauts d’une machine d’un tel tarif. Mais rien n’est parfait en projection, aussi allons-nous rester objectifs quand à ses qualités et ses défauts.

 

Lorsqu’on s’intéresse à un projecteur, ou lors d’une calibration, il convient toujours d’analyser l’affichage de l’image avec des mires appropriées. On fera donc attention à ajuster le focus, le positionnement et l’ensemble des paramètres disponibles pour éviter toute déformation de l’image, que ce soit par un excès de sharpness ou une mauvaise mise en œuvre. Une fois ceci fait, on peut vérifier l’uniformité de la netteté tout en réglant les convergences de façon transparente pour ne pas générer de problème sur les plus fins détails et tenter de passer des mires compliquées pour juger de la capacité du projecteur à retranscrire les détails d’une image.

Et là, ça devient compliqué… Sur les mires de tests, difficile de discerner la structure de la résolution 1 pixel. On obtient une bonne netteté à partir de 3 pixels, ce qui est un peu dommage pour un projecteur 4k mais en contrepartie, le remplissage est presque total, ce qui permet une densité d'image plus importante qu'un 1080p au contraste interpixels plus fort. Le test d’AVforum n’en parle pas, ils s’en sont tenus à une analyse sur une image de film plutôt que sur mires, on fera donc de même.

Tant qu’on est sur les pixels, on teste l’upscale d’une image 1920x1080 vers 3840x2160 en utilisant la partie utile aux images 16/9ème de la matrice 4096x2160 du projecteur avec, en comparaison, celui de l’Oppo 203 qui nous sert de source. Là, ce n’est pas du tout pareil. Alors que l’Oppo nous sort une image très nette, avec un bon découpage des pixels (sorte de réplique de l’image 1080p originale), celle du Sony est beaucoup plus lissée, nettement retravaillée. Elle est plus proche d’une image argentique, avec un effacement de la trame des pixels. On préférera donc l’upscale du Sony, surtout pour les grandes images avec peu de recul. En effet l'image upscalée par le Sony ressemble plus à une image 4k originale.

 

Autre chose, l'uniformité lumineuse est un peu décevante sur l'exemplaire de test, avec une colorimétrie qui varie sur 5 zones verticales de l'écran. Bien sûr pas au point d'être visible en film, sauf à regarder attentivement de larges étendues de couleurs uniformes (déserts, paysages neigeux...). A noter que le Sony vw5000es, il existe un soft qui permet de régler automatiquement l'uniformité grâce à un appareil photo Sony 5100. Merci à Maxime de Sony pour cette précision.

 

 

 

LA CALIBRATION

 

On constate visuellement que les couleurs en rec709 manquent de justesse en sortie de carton, confirmé par un premier passage à la sonde qui nous révèle un DeltaE de 8 en moyenne sur la température couleur, ce qui est beaucoup quand même. Le gamma au contraire est presque parfait. Petite comparaison avec AVforum : leur exemplaire variait entre 3 et 8 de DeltaE, le notre est plus régulier, entre 6 et 9. Le gamma est tout aussi bon dans les 2 cas.

Les logiciels étant différents, l'affichage n'est pas pareil, mais on peut voir l'échelle des gris avant/après calibration et l'espace de couleur après calibration en dessous.

 

 

Les réglages étant complets sur ce Sony grâce à l'éditeur externe de gamma, la calibration se fait sans soucis pour être proche de la perfection avec un écart des couleurs indécelable à l'œil. Rappelons que THX préconise 3 maximum, donc inutile d'aller chercher les dixièmes, on est déjà bien en dessous. Le travail qui reste doit être fait images à l'appui.

 

Petit aparté concernant le gamma. Selon le type de mire diffusée pour le mesurer, celui ci varie plus ou moins d'un appareil à un autre. Sur un DLP qui est linéaire de construction et à condition qu’aucun artifice ne soit activé, toutes les mires doivent présenter la même courbe (en tout cas dans une salle aux réflexions contenues, l’écart doit être faible). Plus l'écart est important, plus l'image est boostée artificiellement au risque d'être dénaturée. D'un côté on obtient, certes, une amélioration de la dynamique entre les scènes, mais d’un autre côté, le contraste forcé qui en résulte peut faire perdre du naturel. Le 550es s'est très bien tiré de cet exercice, avec une variation de moins de 10%.

 

 

 

HDR et OPTIMISATION

 

La norme HDR10 impose entre 1000 et 4000 nits pour les pics de lumière (imposé par le master du film lui-même), ce qui est impossible à l'heure actuelle sur un projecteur. On compense ce manque en tronquant volontairement au delà d’un certain seuil de qui dépendra de plusieurs facteurs : illuminance réelle, capacité de conversion du projecteur, type de source. Malgré cette coupe nette des hautes lumières, grâce à la profondeur 10bit, il reste environ 2,5 fois plus de paliers de gris qu'un fichier 8bit non clippé. Donc les dégradés sont bien meilleurs en HDR qu'en SDR. Cet échantillonnage plus important permet de jouer dans les extrêmes pour augmenter la lisibilité des scènes sombres et détailler les hautes lumières.

 

Sur ce Sony 550es, grâce à quelques astuces, on arrive à un résultat convaincant malgré un max de 109nits sur la base d'écran tissé que nous avons. Cette luminosité tout de même élevée pour un projecteur a soulevé un autre problème, qui est celui de la salle : la pollution lumineuse des réflexions sur les murs qui n'était pas visible à 15fL commence à devenir gênante dans les scènes contrastées avec 31fL.

 

En dehors de cela, ce Sony s'en sort bien, avec des couleurs essentielles bien réglées de série. Je dis essentielles, car passé un certain seuil, le gamut qui couvre 90% du DCI n'est pas capable de reproduire les couleurs les plus saturées, mais celles qu'il peut reproduire sont justes. A noter que les réglages de température couleur et de saturations fonctionnent en HDR, ce qui nous a permis d'élargir un peu le spectre.

 

 

 

Encore une fois, nos mesures sont très proches de celles d'AVforum (avant calibration pour l'espace de couleur, après calibration pour l'échelle des gris). L'espace de couleur est quasi identique ainsi que la couverture relevée.

 

Visuellement, ce projecteur nous en met plein nos mirettes !

 

La lumière est très bien reproduite avec ses effets de scintillement et d'éblouissement propre au HDR. Notre film de test, The Revenant, est impeccable : du détail dans les sous-bois, des mousses des troncs d'arbres à la vase de la rivière où que l'oeil se pose il peut admirer les nuances de couleurs pourtant dans un environnement sombre. Puis il l'oeil est ébloui par les reflets du soleil perçants sur l'eau, jouant à cache cache avec les arbres. C'est vraiment bluffant de voir un projecteur rendre une image aussi contrastée avec 31fL, soit le double de la norme habituelle des Blurays auxquels on était habituée jusque là.

 

Et contrairement aux OLED LG sur lesquelles on s'arrache les cheveux sur les couleurs en HDR, ici tout se passe bien : les teintes de peau sont belles et justes !

Même sur notre 2ème film de test qui était particulièrement difficile, (les 4 fantastiques de 2015), tout passe de façon très naturelle.

 

(cliquer sur les images pour agrandir)

 

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

Après avoir calibré tous les projecteurs 4k de Sony (300/320/500/520/1000/1100), je dois dire que ce vw550es est celui qui m'a le plus séduit. Et ceci grâce au HDR ! Ce qui pouvait paraître un gadget au départ face à l'augmentation de résolution apportée par l'UHD crée en fait toute la différence.

La gestion totalement différente de la luminosité des films rend l'expérience visuelle vraiment nouvelle et bien meilleure en terme de relief, profondeur et immersion.

La bonne surprise vient des couleurs en HDR presque justes dès la sortie de carton !

 

On a hâte de tester très bientôt le nouveau Sony vw760es, après une démo alléchante au salon de l'image et du son 2017 !

 

 

 

 

A noter : Les photos qui illustrent cet article ont été effectuées par un reflex classique, donc incapable de capturer la dynamique reproduite en HDR. On a choisi de conserver l'aspect visuel qui en résultait, en sacrifiant une partie du spectre. La colorimétrie est de même impossible à capturer dans son ensemble, aussi ce que vous voyez correspond à peu près à une troncature du rec2020 en sRGB, surtout si vous visualisez ces photos sur un moniteur PC. Ces photos n'ont donc pas la richesse colorimétrique que nos yeux voyaient lors de nos tests.

 

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