Optoma UHZ65, test & calibration


Conditions de la projection : salle dédiée, murs noirs, écran microperforé de 3.20m.

L'Optoma UHZ65 fait partie des projecteurs qui intègrent 2 des dernières technologies : une lampe laser d'une durée de vie de 20000 heures et la wobulation pour créer une image 4k à partir de matrices qui ont une résolution inférieure. 2716×1528 pour être précis. C'est donc déjà supérieur aux concurrents JVC et Epson qui créent cette image 4k à partir d’une matrice 1920x1080. Mais je trouve ce chiffre un peu bâtard, pour avoir fait pas mal de tests d upscale au cours du développement de la Config Kaz, ce n'est pas un facteur d'agrandissement que j'ai retenu pour une image 1080p. Nous allons voir ce qu'il en est.

En dehors de ces particularités, il s'agit d'un projecteur DLP relativement haut de gamme qui dispose d'un Lens Shift (inférieur en amplitude que ses concurrents tri-matrices mais bien utile), une roue 4 segments pour créer les couleurs (rouge/vert/bleu/jaune), et d'une coque large et bien ventilée puisqu'il s'est montré très discret lors de nos tests.

C'est un point important pour certains.

De la même façon que pour mon article sur le Sony 550es, je vais prendre un test de projector review pour comparer un peu mes résultats.

https://www.projectorreviews.com/optoma/optoma-uhz65-4k-laser-projector-review/

AVANT CALIBRATION

Notre hôte avant mon arrivée avait pris des réglages sur le net fournis par un forumeur du forum AVS mais le résultat était catastrophique : normal, on s'est rendu compte que des paramètres étaient grisés et donc soit son projecteur n'était pas dans les mêmes conditions (source PC qui verrouille certains paramètres, ça s'est déjà vu) soit la version US est un peu différente.

Encore une bonne occasion de vous rappeler qu'il est vraiment risqué de copier sur le net les réglages d'autres exemplaires que votre appareil !

TESTS DE NETTETE/UPSCALE

L'idée en la situation est d'utiliser l'upscale du PC dans son meilleur mode pour afficher une image 1080p en 4k. Force est de constater que la wobulation complique les choses pour restituer la structure des pixels. Il en résulte une perte d'acutance sur les fins détails là où on attendait qu'un DLP soit plus tranchant (image cliquable ci-contre).

Comme je le disais, ce n'est pas la faute du projecteur ou de ses matrices, c'est simplement que le facteur d'upscale n'est pas bon pour du 1080p. On a essayé de rentrer dans le projecteur en natif mais sans y parvenir. Ca aurait été intéressant d'afficher une image native en 2716x1528 avec un upscale via le PC.

En UHD par contre, la wobulation étant nativement en 3840x2160, les détails sont bien retranscrits : on retrouve le remplissage exceptionnel d'une image 4K, avec de la matière, de la densité et du piqué. L'affichage des mires 4k se fait mieux, donc c'est un projecteur qui privilégie clairement la lecture UHD en termes de résolution. Nous allons voir que pour les couleurs il n'en est étonnamment pas de même.

L'image est un peu plus naturelle que sur un JVC x5000, photos ci-dessous prises en comparaison sur le même type de toile micro-perforée :

(photo téléphone portable près de l'écran)

RESTITUTION DES COULEURS SDR/HDR

On démarre par une recherche de l'espace couleur le mieux adapté, et une analyse des différents artifices qui s'y rattachent. Alors que HDTV colle bien au rec709, c'est le Gamut native qui est le plus large... mais il l'est à peine plus que le 709. Le test de Projector Review confirme mes relevés, avec 80.8% du DCI contre 79.7%, c'est un peu dommage pour un projecteur orienté UHD de ne pas offrir un espace couleur plus étendu.

Ensuite, il se trouve que le CMS n'est pas des plus efficaces pour les corrections, impossible d'atteindre la perfection à laquelle nous ont habitué Sony, JVC et Epson. Même constat chez Projector Review. De plus, le blocage du paramètre color qui gère la saturation globale de l'image n'aide pas.

Heureusement l'oeil est moins sensible à une différence de teinte qu'au reste des caractéristiques d'une image et le UHZ65 propose un bon gamma sur nos mires de test spéciales (dynamique black désactivé donc traitement pur). Bizarrement je n'ai trouvé aucune mesure du gamma sur le net, mais il faut un certain type de mire pour le mesurer correctement, sans quoi on obtient une courbe farfelue. On trouvera les courbes des RVB ici.

Le point positif est que malgré des couleurs imparfaites (entre 2 et 4 de dE), on obtient tout de même un color checker sur les teintes de peau très bon, bien meilleur en fait que les autres couleurs. Donc l'essentiel est préservé, les peaux seront très bien rendues.

Dans le mode ISF calibré, au plus proche de la norme au niveau des couleurs et sans aucun artifice, on atteint 17fL sur un écran de 3.20m de base. En activant le brillant color pour le HDR, on passe à 28fL !

La luminosité de ce projecteur est excellente. ... et durable, je le rappelle, puisque nous sommes en présence d'une lampe laser.

A cause d'un bug de Windows qui obligeait à désactiver le mode HDR forcé par Windows à chaque affichage de mire, je n'ai pas eu le temps de repasser toutes les mires pour présenter la vue d'ensemble après réglages. Ce que je peux dire, c’est que le CMS fonctionne mieux en HDR qu'en SDR, la plage de fonctionnement est plus large et on obtient une bonne justesse des couleurs en rec2020 après réglage (pour celles qui sont affichables bien sûr).

Enfin dans les artifices d'amélioration d'image proposés par Optoma, nous avons observé que le dynamique black améliore les noirs dans les scènes sombres, sans pour autant augmenter le contraste intra-image des scènes qui dépassent 20ire de luminosité moyenne. Ca signifie qu'il est en action sur les films relativement sombres.

Tous les artifices induisent plus ou moins des problèmes pour une image juste : entre un excès de saturation du Pure Color et un écrêtage des blancs pour le dynamique black (sauf en réduisant le contraste mais du coup on perd en dynamique dans l'image, constat fait également outre atlantique)... Le seul qui est vraiment utile est le Brillant Color en HDR qui permet un boost de contraste et de dynamique qui sied parfaitement au HDR, mais qu'on désactivera en SDR.

CONCLUSION

Alors au final, qu'est ce qu'il donne sur un film ?

La première chose qu'on remarque c'est la bonne profondeur des bandes noires sur les films 2.35.

C'est probablement le meilleur DLP grand public de dernière génération à ce niveau, qui plus est combiné à une forte luminosité qui permet d'arroser sans problème des bases de plus de 3m. Et stable dans le temps puisqu'on est en présence d'une lampe laser.

Les couleurs visuellement ne posent aucun problème sur les scènes de tests, par contre on voit rapidement les limites de certains artifices en terme de respect de l'image, avec une tendance à trop booster les zones claires. C'est un choix à faire : soit on accepte cet effet et on profite du max de dynamique, soit on les évite pour être au plus proche de la norme.

En termes de netteté, le résultat est très convaincant en UHD et même en 1080p, le découpage des plans est naturel et l'image transparente sans réel défaut, mis à part un léger bruit vidéo sur les zones sombres, typique de certains DLP (rafraîchissement des matrices). La large base de 3.20m est bien remplie, avec une bonne densité et sans manque de piqué. Nous n'avons pas noté de problème de fluidité, c'était très bien avec une source PC.

L’amélioration de quelques détails software comme le CMS et le dynamique black, avec une mise à jour, pourrait en faire une sérieuse alternative aux Sony 4k !

Photos ci-dessus réalisées avec un Nikon D60 en mode RAW, Tom Cruise dans Oblivion Bluray standard, les autres issues du HDR avec dans Lightroom une diminution du contraste de 50 points pour essayer de comprimer un peu la dynamique du HDR pour la faire entrer dans une photo standard...

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